Dehors, le soleil, commençait à faire le beau...

Publié le par Fedida Maklouf

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J’ai vu Niema hier, elle a dormi dans mes bras, jusqu’à dix heures trente, de ce matin marocain, elle dormait à moitié nue, quand je l’ai abandonné.

Avant de partir je l’ai taquinée, je voulais qu’elle se lève.

J’étais jaloux de son sommeil.

Dehors, le soleil, commençait à faire le beau, et mes yeux endormis me faisaient mal, j’avais oublié mes lunettes. J’avais beau, essayer, d’écarquiller mes yeux, impossible, j’avais du mal à conduire. J’ai repris la route, tant bien que mal, vers la maison, en écoutant mon CD favoris, George Wassouf, un chrétien Syrien, très populaire dans les pays arabes, sa musique me fait pleurer, sa voix cassée par les blessures, me bouge les tripes, je l’aime, alors, je le mets en boucle depuis deux mois et demi.

Le temps passe.

Moi je passe aussi. Le temps.

La vie s’écoule… Et moi je m’écroule et me vide, mon cerveau devient bouilli, mes tempes me font mal, le soleil me repasse au fer chaud, me traverse, me calcine, je n’existe plus, ma vie se brise, j’éclate en mille, et je n’arrive plus à recoller les morceaux.

Et ce soleil qui me casse la tête ; je suis en surchauffe, je coule une bielle, l’huile du moteur se répand, je vais m’arrêter au bord de la route.

Je le sens.

Le temps.

Ce temps, salop, qui t’emmène à cent à l’heure où bon lui semble, est quand il n’a plus besoin de toi, te laisse planter là, sans scrupule, ni remords. Ce temps qui t'a usé, bouffé, râpé, se fout de ta gueule, tu lui as donné, il t’a tout repris, et te laisse mourant, gisant, agonisant sur le chemin.

J’ai cru longtemps, que le temps corrigeait, mais non, c’est exactement l’inverse. Il t'use, t'abuse, te lamine, c’est un gâchis, irréversible. 

Je vois, le film de ma vie, en noir et blanc, je panique... Je perds les pédales, je pars dans le décor, je tape le premier palmier qui borde la route en direction de la palmeraie, le bruit est fracassant, je crois faire un tonneau, puis deux, puis-je ne sais plus - de toutes les forces qui me restent, je m’arc-boute sur la pédale de frein, trop tard… le silence…
Je me vide de mon sang, je souffre et j’agonise, et je reste là, gisant, je n’entends rien, ne vois plus, mes yeux ne peuvent s’ouvrirent, je veux crier, impossible, pas assez de vie, personne. Je vais donc mourir bêtement, là, contre un de ces palmiers, que j’aurais tant aimé, admiré avec leur fière allure élancée, dressés vers le ciel comme des défis au soleil, leurs yeux bravant, le maître roi, ce soleil de feu, et de sang.
Oh, mes beaux palmiers, vous avez le regard des zélotes avant le combat, fixes, et droits, et votre insolence, nargue, cette boule de feu, soleil de flamme, et vos branches vertes, ouvrant leurs bras vers ce ciel en furie, se moquent de son courroux, comme les esclaves de leurs maîtres et de leurs dieux.
Je meurs pour rien, je n’ai rien compris de ma vie, de la vie, ni du pourquoi, ni du comment et maintenant voilà, que Marrakech la rouge sanguine, se repaît de ma chair, vide mon âme et mon sang. Et pourtant, je l’ai tant aimé…
 
J'ai rêvé ma mort, j’ai rêvé ma vie…

 


 

 

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Fedida Maklouf 17/12/2010 22:21


Eryndel, vous devez écrire, avez-vous un blogue ? Si oui donnez moi votre lien. Merci et encore bonne nuit.


Fedida Maklouf 17/12/2010 22:18


vous n'avez rien raté, ce n'est qu'une courte page sans vraiment de début ni de fin, une petite chronique somme toute. Un moment ou je rêve ma mort.
Bonne nuit à vous.


Eryndel 17/12/2010 21:02


Magnifique introspection ! Mais il faudra que je lise le récit depuis le début, car là, je le commence en plein milieu, hihi ...
Bonne soirée
Eryndel