Page 1 : En vrac !

Publié le par Fedida Maklouf

Roman écrit de nuit en nuit, au jour le jour. Point final peu probable.

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Ducon de Passy, c’était le blase que ses potes lui avaient refilé et il le trouvait pas si mal,  finalement. Il se disait qu’en verlan ça faisait : Passy Con, et cela lui convenait. Il avait hérité d’une particule en quelque sorte, et gratos. Anoblie de fait. Comment? Pourquoi? Il ne l’avait jamais su, et il s’en fichait comme de l’an quarante. Il était de nulle part et toujours ailleurs. Il vivait pour rien, avait vécu pour pas grand-chose. Cela lui suffisait maintenant. Il s’était fait à cette idée et, - peu à peu - avait fini par l’accepter. Il était là, une nuit, où la lune est grosse et ronde. Presque jour, il faisait dans sa piaule pourrie, son taudis, son antre, coupé du monde. Cassé en mille morceaux, fragmenté, éparpillé, incapable de dormir. En fait, il n’avait pas dormi de la journée, de la nuit, de toute la journée auparavant et de la nuit qui avait précédé. En gros, cela faisait deux semaines qu’il n’avait pas fermé les yeux, ou presque. Il avait fumé mille cigarettes et mille fois pensées à sa non-vie, à son éventuel suicide; par asphyxie, par overdose de fumée. Son suicide il l'avait prépare depuis un an environ. Mais il était toujours respirant, et il commençait à trouver le temps long. Pourtant, il avait pensé à tout, pour abréger ses jours, ses nuits.

 

A demain peut-être.

 

 

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